Energie nucléaire

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Ressenti des populations et enquêtes d'opinion

Le ressenti des populations
Face au nucléaire, les citoyens se sentent généralement exclus des processus décisionnels. Depuis longtemps, les autorités et les industriels cherchent à favoriser l’"acceptabilité sociale" du nucléaire, recourant à toutes les techniques de communication susceptibles de rassurer le public. Au point que les sondages d’opinion menés par EDF dans les années 1980 auprès des sites pour mesurer la tension sociale liées à l’implantation des centrales indiquaient une opinion stabilisée et favorable au nucléaire.
Mais le manque d’information sur la contamination liée à l’accident de Tchernobyl a initié une revendication plus forte de transparence. Le mouvement anti-nucléaire, après les grandes manifestations des années soixante-dix, s’est essoufflé dans les années 80, une fois la nucléarisation du pays accomplie. Avant de connaître, après Tchernobyl, dans les années 90, une renaissance, comme en témoigne la constitution du réseau Sortir du nucléaire, qui regroupe plus de 700 associations. S’y est ajoutée la voix d’une contre-expertise scientifique avec des organismes tels que la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la RADioactivité (Criirad) dont les avis divergent des communications officielles et qui mène elle aussi des actions d’information en direction du grand public.
L’accident de Fukushima, la plus grande catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl, n’a pas renforcé ce renouveau et la mobilisation antinucléaire en France reste faible : la manifestation organisée à Paris deux jours après la première explosion a rassemblé à peine 300 personnes. Et les choix politiques des Français, à l’inverse de certains de nos voisins (Allemagne, Italie) depuis Fukushima, témoignent plutôt de leur acceptation du nucléaire. Au niveau mondial, la plupart des grands pays très consommateurs d'énergie (Chine, Inde, USA, Royaume-Uni, Russie,...) ont également réaffirmé leur implication dans l'énergie nucléaire.

Les enquêtes d'opinion
Comment savoir de façon plus précise ce que pensent les Français du nucléaire ? Comme en politique, tout dépend de l’institut qui fait le sondage et du commanditaire.
Ainsi, à l’occasion du dernier sondage européen (Eurobaromètre, publié en mars 2010) , 45% des Français se sont prononcés en faveur d’une diminution du nucléaire en France, soit 6% de plus qu’en 2007. Un autre sondage, commandé par EDF et réalisé par TNS Sofres les 15 et 16 mars 2011, révèle lui que 55% des Français ne sont pas favorables à une sortie du nucléaire et 62 % font confiance à EDF pour empêcher tout risque d'accident nucléaire en France.
Dans le même temps, un sondage Ifop réalisé pour Europe Ecologie-Les Verts montre que 70% des Français sont favorables à un arrêt du programme nucléaire de la France et du fonctionnement de ses centrales (19% à court terme et 51% à échéance de 25/30 ans).
Dans le cadre de l’étude Triélec portant sur la campagne présidentielle 2012 qui rassemblait trois équipes de recherche spécialisées dans l'étude des élections, des opinions et de la communication politique, des enquêtes TNS Sofres –TriÉlec ont mesuré régulièrement le niveau de soutien des Français à la production d’énergie par les centrales nucléaires. La proportion des personnes interrogées exprimant une opinion tout à fait ou plutôt favorable est passée de 50% en octobre 2011 à 58% en décembre 2011, puis 61% en février 2012. Ainsi, un an après l’accident de Fukushima qui a conduit plusieurs pays à décider d’abandonner la production d’énergie nucléaire face à une montée d’hostilité de leur opinion publique, les Français semblent n’avoir jamais été aussi favorables à l’énergie nucléaire. Une ferveur que pourrait expliquer la médiatisation des événements de Fukushima (qui ont surtout mis en avant la sûreté des installations françaises et l’incompétence des Japonais) et peut-être ce que les analystes nomment "le cadrage politique" qui a notamment pointé dans les discours l’impossibilité de se passer de la filière.

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